Achille Talon, t.32 : Disertation

La traversée du disertTitre complet : Achille Talon et la traversée du disert ; tome 32.
Ce titre est un jeu de mots portant sur l’expression « traversée du désert » (laquelle désigne une période d’absence de créativité ou de grande solitude morale). Ce titre a certainement inspiré l’appellation du coin de web sur lequel vous vous trouvez actuellement (une île diserte).

1ère édition : Dargaud, 1982. 48 pages.
Type : aventure complète.
Personnages : Achille, Hilarion Lefuneste, Maman Talon, Papa Talon, Virgule de Guillemets (assez effacée), Pétard le canard + les évadés Pinasse et Leubemans, les gendarmes Philippe-Perceval-Auguste de la Mannequynière et Leretressy, un ingénieur de carrière et son manoeuvre Placide.
Objets au rôle prépondérant :
– le transistor de Lefuneste (voir plus bas, « Gags récurrents ») ;
– la voiture d’Achille : « Dérivée de la De Dion 1903, l' »Achilles », robuste et peu coûteuse, sortit en 1908 des ateliers britanniques de B. Thompson & C°, Ltd, à Frome, dans le Somerset, England… * » / Note de l’auteur : « Parfaitement authentique et vérifiable », p.10)

Situation initiale : les Talon et le « voisin pris au hasard » pique-niquent dans un coin de campagne. Deux évadés les prennent en otage (pour bénéficier de la voiture d’Achille et du transistor de Lefuneste). Ils sont rejoints par une paire de gendarmes prompts à estimer leur propre intérêt dans l’affaire. L’équipée finit par échouer dans les Gorges de l’Aingurjitte et plus précisément dans une carrière désolée et truffée de mines – ce qui ne manque pas de faire exploser le groupe et pousser les Talon à la rébellion.

Gags récurrents :
– Pétard est successivement pris pour un hibou (par Pinasse, p.7), un « dindon ventrolique » (sic, par Leubemans, p.30), un toucan (par Placide, p.36), un dindon – plus précisément un « onguiculé semi-migrateur macroptère » – (par l’ingénieur, p.37) ;
– la destruction avortée du transistor de Lefuneste. Achille entreprend de le désintégrer à 5 reprises : dégagement au pied (« poc » p.5), écrasement par la méthode postérieure (« – boum – scrouâak », p.8), écrasement par voie géologique (« skrouatch », p.14), démantibulation complète (« poc », « paf, paf paf paf, paf paf paf ») et ingestion par volatile consentant (« – Susucre. – Hic. » ,  p.28), et enfin, le composant électronique continuant d’émettre intra corpus, étranglement du susmentionné volatile (« J’occis le malfaisant », p.31).

Gags reposant sur une mise en abyme : page 11. Les Talon et Lefuneste sont condamnés à courir derrière la « dérivée De Dion 1903 », attachés par le cou. Achille affirme que « ce désolant intermède va i-né-vi-tablement tourner court »… (Cliquez sur la planche pour l’agrandir.)

Extrait de La Traversée du Disert, page 11.

Michel Greg perd rarement une occasion de rire de lui-même et de sa profession de dessinateur.

Sont moqués dans cet album :
– l’impossibilité, pour l’homme moderne, de jouir d’un silence pourtant ostensiblement recherché (p.1). L’obstination (et l’échec) d’Achille à réduire la radio de Lefuneste en miettes en est l’affligeante preuve ;
– la médiocrité des motifs d’incarcération contemporains : les deux malfrats sont coupables de fraude fiscale, mais aspirent à « devenir des bandits respectables » (parce que médiatisés) grâce à leur évasion spectaculaire (p.23 et suivants) ;
– l’intelligence douteuse des stratégies – et des membres – de la gendarmerie nationale (p.16), et l’aisance avec laquelle certains éléments retournent leur uniforme (p.48) ;
– la faible motivation et l’efficacité quasi-nulle des ouvriers (L’ingénieur : « PLACIDE ! Essayeriez-vous de me dire que LE TRAVAIL EST FAIT ? » p.38) ;
– et bien sûr, le manque de sérieux des aventures narrées par le présent album – manque de sérieux de la bande dessinée en général !

Conclusion : Prenant place entre deux albums de planches (Il n’y a (Dieu merci) qu’un seul Achille Talon et La vie secrète du journal Polite), cette aventure abonde en irrésistibles bavardages. En témoigne une plaisanterie jouant uniquement sur une homonymie toute bête (Leubemans réclame une carte à Papa Talon, lequel lui tend un bristol digne du gentleman de haut rang qu’il est, ce qui ne fait que retarder l’histoire de 6 cases environ, p.15). Lecteurs inconditionnels, soyez heureux : La traversée du disert en dit long !

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