De Winter is coming

Couv. du livre Rebecca / Éd. Albin Michel
Éd. Albin Michel

Sitôt la lecture de ce roman terminé, il m’a fallu relire sa première phrase. Et même ses premiers chapitres. Tatiana de Rosnay est très forte, qui a su reproduire dans sa biographie de Du Maurier les conditions du magnétisme incipit/excipit de son livre le plus célèbre, Rebecca.

La tension est palpable du début à la fin. Les phrases courtes comme le souffle d’une personne inquiète, les dialogues où le moindre mot a son importance, les descriptions qui s’attachent moins aux sensations et à leur source qu’aux circonvolutions des esprits. Sans la psychologie, il n’y aurait pas d’intrigue. Sans la psychologie, il y aurait une intrigue mais qui serait triviale. La matière d’un beau morceau d’article de presse spécialisée dans le fait divers domestique.

Fascinante mutation de la narratrice, que certaines informations font brusquement évoluer du tout au tout. L’enchevêtrement du bien et du mal est tel en chacun des personnages que nul ne saurait désigner des tout blancs et des tout noirs. Tout est affaire de brume, d’opacité plus ou moins dissipée, d’interprétations et de prises de conscience. Le lecteur se sent simplement et inexorablement aspiré par son désir de savoir – juste, savoir.

J’ai dévoré ce roman – à moins que ce ne soit ce roman qui m’ait dévorée.

Rebecca / Daphné du Maurier. – Trad. de l’anglais par Anouk Neuhoff – 538 p. – Albin MIchel, 2015.

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Dum, Bing, Track

Couverture de Manderley for ever - Albin Michel / Héloïse d'Ormesson
Albin Michel / Héloïse d’Ormesson

Sitôt la lecture de cette biographie terminée, il m’a fallu relire sa première phrase. L’occasion de réaliser qu’il y en avait plusieurs : celle écrite à la première personne par Tatiana de Rosnay, et celle qui, à la 3e, fait apparaître une fillette qui n’est pas encore Daphné du Maurier. Heureusement, la part « journal d’écriture » n’est pas trop importante. Non pas que ce soit mal écrit ou totalement inintéressant ; mais disons que les pages mettant en scène le grand écrivain anglais sont d’une intensité autrement subjuguante.

Maintenant, j’ai ordre de lire Rebecca, ce monument, cet éléphant qui causa des dégâts dans l’oeuvre ultérieure de Daphné du Maurier. Le succès du roman déforma jusqu’au bout la lecture de ses autres livres, quel qu’en fût le genre.

Tatiana de Rosnay est habile : chapitres courts, écriture concentrée, sentiment de connivence par l’emploi de différents noms de code propres au clan du Maurier. Certaines pages sont pétries d’un suspense uniquement dû à la manière – des dates, l’emploi du présent… Il y a entre les lignes la constante imminence de quelque événement. Quel agréable piège !

Manderley for ever / Tatiana de Rosnay. – 457 p. – Albin MIchel / Héloïse d’Ormesson, 2015.

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