La foi, un 6ème sens ?

SensoriumLe résumé de l’éditeur dit : « foisonnant ». On aurait pu écrire « kaléidoscopique ».
Il faut dire que ce roman a plutôt la forme de miscellanées, dans lesquelles le récit (projeté sans sommation ou presque dans des époques et des lieux variés) alterne avec les pièces d’un dossier éclectique à dominante scientifique : schémas neurologiques, sociologiques, animaliers ; annotations chronologiques et biographiques ; petits précis de religion hindoue… Heureusement, l’éditeur a veillé à l’unité typographique de ces varia. Et l’histoire est intrigante.

L’héroïne, prénommée Durga, est une artiste qui ne perce pas vraiment et lutte avec une santé aléatoire. Sceptique d’un point de vue religieux et philosophique, elle a néanmoins accepté d’entendre les oracles prononcés à son sujet par un « lecteur » indien. De cet état de faits découlent toute l’écriture : qui Durga doit-elle croire ? Pourquoi a-t-elle tant de mal à concilier l’idée d’une vie antérieure et son mode de vie occidental ?

Il vaut la peine d’écouter Abha Dawesar, qui a eu plusieurs fois l’occasion de dialoguer avec François Busnel (La Grande Librairie, et Le Grand Entretien sur France Inter). Le lecteur avance prudemment dans ce livre qui se mérite un peu et dont il faut éviter de perdre le fil ; mais indéniablement, il y a au bout de ce dédale des éclats de lumière sur ce qui donne (ou non) à chacun confiance en son avenir.

Sensorium / Abha Dawesar ; trad. de l’anglais (Inde) par Laurence Videloup. 396 p. – Éditions Héloïse d’Ormesson, 2012 (23€).

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