De Winter is coming

Couv. du livre Rebecca / Éd. Albin Michel
Éd. Albin Michel

Sitôt la lecture de ce roman terminé, il m’a fallu relire sa première phrase. Et même ses premiers chapitres. Tatiana de Rosnay est très forte, qui a su reproduire dans sa biographie de Du Maurier les conditions du magnétisme incipit/excipit de son livre le plus célèbre, Rebecca.

La tension est palpable du début à la fin. Les phrases courtes comme le souffle d’une personne inquiète, les dialogues où le moindre mot a son importance, les descriptions qui s’attachent moins aux sensations et à leur source qu’aux circonvolutions des esprits. Sans la psychologie, il n’y aurait pas d’intrigue. Sans la psychologie, il y aurait une intrigue mais qui serait triviale. La matière d’un beau morceau d’article de presse spécialisée dans le fait divers domestique.

Fascinante mutation de la narratrice, que certaines informations font brusquement évoluer du tout au tout. L’enchevêtrement du bien et du mal est tel en chacun des personnages que nul ne saurait désigner des tout blancs et des tout noirs. Tout est affaire de brume, d’opacité plus ou moins dissipée, d’interprétations et de prises de conscience. Le lecteur se sent simplement et inexorablement aspiré par son désir de savoir – juste, savoir.

J’ai dévoré ce roman – à moins que ce ne soit ce roman qui m’ait dévorée.

Rebecca / Daphné du Maurier. – Trad. de l’anglais par Anouk Neuhoff – 538 p. – Albin MIchel, 2015.

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