Le poids d’une plume

Couverture du roman Petite de Geneviève Brisac
Éd. de l’Olivier

Sur le rayonnage de la médiathèque, il y avait le choix à la lettre B. C’était un Brisac que je cherchais, peu m’importait lequel. C’est Petite qui a attiré mon attention, blanc et mince parmi les sommes.

Ce livre est à l’image de son sujet : peu épais. Ce qui est loin de signifier inconsistant, au contraire. Dépouillé du gras de la description, le récit tient debout à la force de son nerf : l’esprit puissant de son héroïne, seule contre tous, y compris et surtout quand la décision vire au délire. Peu de dialogues, peu de signes d’exclamation ou d’interrogation lorsque c’est la brindille qui parle ; dans sa vie de l’époque, les interactions avec les autres sont limitées et comme viciées par les impératifs intérieurs de la maladie mentale. Des « jamais », des « toujours », des futurs simples qui ne laissent aucune place au doute côtoient tout le vocabulaire des théories, des stratégies – calculs, tricheries – et celui, plus violent, du crime (« Un jour d’été, on m’arrête. »)

De ce bras de fer avec l’âge adulte, je ne m’attendais pas à ce que l’héroïne puisse sortir vainqueur. Et ce ne sont pas les contrats avec les médecins et l’internement qui l’y auront aidée. Remédier à la violence par la violence : vraiment, quelqu’un y croit encore ? Par l’intelligence, plutôt. La seule forme d’empathie qu’une personne souffrant d’anorexie puisse accepter.

Merci, madame Brisac.

Petite / Geneviève Brisac. – 120 p. – Éditions de l’Olivier, 1994.

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