Ce matin, un lapin…

Illustration de Grégoire Solotareff (Ed. Ecole des Loisirs)
Illustration de Grégoire Solotareff (Ed. Ecole des Loisirs)

Dernier envoi en date : une enveloppe sur mesure pour un livret carré (14×14 cm environ).
Tom le lapin et Loulou le loup sont célèbres chez les enfants de cinq à sept ans. Ils incarnent l’amitié (impossible ?) entre deux êtres que la nature ne prédispose pas à copiner. Grégoire Solotareff les a créés en 1989. Plus de vingt ans après, il concède un nouvel album avec les deux héros, un peu plus mûrs… Cette illustration est précisément tirée de cette nouvelle histoire, Loulou plus fort que le loup.

Les personnages me paraissaient tenir exactement dans un cadre d’une petite quinzaine de centimètres carrés. Et le museau de Loulou m’a indiqué le timbre à suivre (l’os grignoté par Idéfix, en jaune, est bel et bien une émission de la Poste) !… Associé à un Petit Nicolas rêveur, il me semblait réunir sur une seule enveloppe trois « must » de la littérature enfantine : un album roi, une B.D. célèbrissime, un roman irrésistiblement drôle. Vous ai-je dit que la destinataire de cette enveloppe travaillait dans la section jeunesse d’une médiathèque ?

Il est bon d’avoir à soi quelque chose…

La 7e citation est de Paul Claudel (1858-1955).

Il est bon d'avoir à soi quelque chose pour le donner.
Extrait du livre "L'Otage".

La construction même de la phrase appelle le lecteur à la réflexion. Une virgule fantôme en sépare le dernier segment ; le parallèle avoir/pour donner n’en est pas moins sensible. La simplicité des termes ouvre à la multiplicité des interprétations : « il est bon »… Bon moralement, bien, ou alors satisfaisant, agréable ? Ah, Claudel et ses aphorismes façon versets bibliques !…

Extrait de "Je t'ai vu !", par Mireille d'Allancé (Ecole des Loisirs)
Ill. de base : Mireille d'Allancé ("Je t'ai vu !", Ecole des Loisirs)

La gourmandise nous rend pingres. C’est notre part, pas celle de notre voisin ! Le personnage humain de l’illustration semble décontenancé par la demande de la souris. On ne sait pas s’il va pouvoir lui en donner (ce n’est d’ailleurs pas la gourmandise qui l’en empêche, mais le sens du devoir. Ce gâteau de profiteroles est destiné à une grand-mère.)… En tous cas, s’il pactise avec la souris, ce sera pour lui donner un morceau, et non pour le lui vendre ou lui prêter avec intérêts – ce qu’auraient sûrement fait les deux personnages du tableau de Quentin Metsys (1466-1530?) représentés sur le timbre.

Où il est question d’un trésor…

La 6e citation est incontestablement une de mes préférées. Au point que je la considère comme une de mes devises.

Là où est ton trésor

Certains se hérisseront sans doute à l’idée que cette phrase est tirée du Nouveau Testament. Mais quoi ? Même si l’on ne voit pas un dieu dans Jésus, on peut estimer que ce personnage a tenu des propos intelligents.

Illustration d'Axel Scheffler
Illustration d'Axel Scheffler (Ed. Autrement)

Comment parler de trésor sans penser à l’un de ceux qui en cherchèrent le plus dans nos imaginations ? Ce pirate d’Axel Scheffler (allemand, né en 1957) s’est imposé comme l’accompagnateur idéal de la citation (le timbre, à l’effigie du trois-mâts baptisé « Confiance », en dit également long sur les qualités requises à la découverte d’un trésor…). Il est extrait du catalogue de l’éditeur Autrement Jeunesse.
Vous noterez que ce pirate semble aimer les histoires plus que les pièces sonnantes et trébuchantes. Son sourire s’épanouit de satisfaction ! Peut-être a-t-il trouvé là une édition de L’île au Trésor ? En tout cas, le volume se trouvait dans un coffre, dont j’ai customisé le couvercle pour les besoins de la cause. Le bloc d’adresse (noirci à la flamme d’allumette) a été composé à l’encre brune.

Prenons le temps de jouer !

La 5e citation n’a pas d’auteur. Ou, du moins, son auteur n’a pas été identifié. Visiteur de ce site, si tu as une idée de l’Irlandais qui a prononcé ou écrit ces mots…

Prends le temps de jouer...

Rire et jouer sont des activités admises chez les enfants (et encore… On les « adultise » parfois tôt). Pourquoi plus aux trentenaires ?

Jean le Téméraire / Alan Mets
Illustration de base : Alan Mets (Ed. Ecole des Loisirs)

Ce personnage de rouge vêtu et coiffé se nomme Jean le téméraire. L’idée que la témérité, de nos jours, consistât à oser rire haut et fort me plaisait beaucoup. L’infante d’Espagne représentée par Vélasquez, sur le timbre, a malheureusement l’air de s’amuser nettement moins…

C’est loin, là où on ne sait pas qu’on va ?

Troisième envoi de la série de trente.
La citation n’est pas aussi énigmatique qu’elle peut en avoir l’air. Elle laissait deviner au destinataire que ce jeu de lettres pourrait durer longtemps.

Citation Rivarol

Rivarol (1753-1801), brillant esprit de salon, préférait apparemment qu’on ne sache pas d’où il venait, quant à lui.

Vague verte
Illustration de base : catalogue d'éditeur

Chez quel éditeur ai-je pioché cette image ? Aïe, plus moyen de m’en souvenir. Le flibustier surfeur semble tracé par une main imitant celle de Serge Bloch (son tricorne m’a aidé dans le choix du timbre). Mes excuses à l’artiste, sincèrement. D’autant que je trouve cette vague de peinture forte, expressive, très belle. Elle s’apprête à fondre sur l’adresse – à l’image de la déferlante de courrier s’abattant sur la boîte aux lettres de mon destinataire !